Yvain, le chevalier au Lion

Yvain, le chevalier au Lion

L’adaptation en théâtre d’ombres des aventures de l’héroïque Yvain, le Chevalier au lion. L’un des premiers « romans » de la littérature française au carrefour des différentes formes de littérature médiévale : la poésie courtoise, la chanson de gestes, et les légendes celtiques.

L’histoire :

Calogrenant rentre à Camelot, le moral en berne. Le pauvre chevalier vient d’échapper à la mort mais surtout d’essuyer une terrible humiliation : un chevalier noir, défenseur d’une fontaine magique, l’a fait chuter de son cheval et l’a abandonné dans la forêt de sans même prendre la peine de l’achever. Les esprits s’échauffent à la cour du Roi Arthur et tous les chevaliers de la table ronde veulent sauter sur leurs montures pour laver l’honneur de Calogrenant… Mais avant les autres, avant Gauvain le puissant, Kel le bélliqueux, c’est Yvain qui se lance dans une quête dont il n’aurait pas pu imaginer où elle le conduira. De fontaines enchantées en combats, de rencontres amoureuses en trahisons, de serpents géants en ogres monstrueuses, notre chevalier Yvain, éprouvera sa force et son courage.

Parti pris esthétique :

C’est sur les lieux mêmes de ce conte, en Brocéliande (Fontaine de Barrenton) que la Cie Coppelius a été chercher son inspiration. Notre théâtre d’ombres montre ces paysages où les bosquets de feuillus succèdent aux landes arides. Les feuilles dont les silhouettes se dessinent dans le décors ont elles-mêmes été cueillies sur place et forment un herbier vivant où se vivent les aventures d’Yvain. La forme du conte renvoie à l’oralité originelle de ce texte qui avait pour vocation d’être lu à la cour des puissants. Mais elle se libère des contraintes stylistiques pour permettre un rapport vivant à l’oeuvre et au public qui se voit sollicité pour faire avancer l’intrigue. Les tonalités littéraires de la chanson de geste, du roman d’amour courtois, où le merveilleux de la matière légendaire celtique sont au cœur du conte vivant qui se déroule en ombres et en mots sous les yeux du spectateur.

Le texte originel :

La critique moderne considère Chrétien de Troyes (né vers 1130 et mort entre 1180 et 1190) comme le fondateur du genre romanesque. Le terme de «romans» pouvaient pourtant à son époque aussi bien désigner des traités historiques que des vies de saints ou encore des traités didactiques pour peu qu’il soient écrit en langue romane.  Mais dans Yvain, le Chevalier au Lion, Chrétien de Troyes opère une « synthèse » de plusieurs traditions littéraires et c’est précisément cet « assemblage » amène à la naissance d’un nouveau genre: le roman. Si cela constitue un événement dans l’histoire de la littérature, cela nous permet d’appréhender en un seul texte toute une gamme de styles littéraires et de manières de raconter propre au moyen-âge : la chanson de geste, l’amour courtois, le conte celtique.

  • La Chanson de geste :  Le type de héros qu’est Yvain,  le guerrier (le chevalier) caractérisé par des qualités physiques et morales hors du commun (la force et la capacité à mener seul des combats contre des ennemis extrêmement puissants, la bravoure, la loyauté et la générosité etc…) va chercher du coté de la chanson de gestes. Les scènes de combats rythment les aventures d’Yvain et participent ainsi à la tonalité épique de l’oeuvre :

« Ils évitent de gaspiller leurs coups et les ajustent du mieux qu’ils peuvent ; les heaumes se cabossent et se plient, les mailles des hauberts volent, ils font couler beaucoup de sang ; leurs hauberts en sont tout chauds et ne valent guère mieux qu’un froc de moine pour l’un comme pour l’autre. De la pointe de l’épée, ils se frappent en plein visage« 

  • L’amour courtois : Le XIIe siècle est la période qui voit l’apogée de la poésie courtoise avec les troubadours (dans le Sud, le pays de la langue d’oc à partir du XIe siècle) et les trouvères (dans la partie Nord, en langue d’oïl au XIIe siècle). L’influence de ce type de poésie est importante chez Chrétien de Troyes. Outre l’intrigue général de l’oeuvre qui nous raconte d’effort d’Yvain pour conquérir puis retrouver Laudine, si on s’intéresse à ces deux personnages centraux, on remarque qu’ils correspondent à des « types » directement inspirés de l’esthétique de la fine amor. On sait en effet que les codes de l’amour courtois mettent en place une relation vassalique où le chevalier prête allégeance à une dame mariée et d’un rang supérieur :

– Et oseriez-vous entreprendre de défendre pour moi ma fontaine ?
– Oui, dame, contre n’importe qui sans exception.
– Alors sachez-le, notre paix est faite. »

  • le conte celtique : Au XIIe siècle la « matière de bretagne » regroupe les récits et contes d’origine celtique transmis à l’origine par
    des conteurs gallois et bretons et qui a été rendue célèbre grâce à certains auteurs tels que Geoffroy de Monmouth avec son Historia regum Britanniae ou encore Le roman de Brut de Wace qui est une adaptation en langue romane de l’oeuvre de Geoffroy de Monmouth et qui constitue le vecteur de transmission du mythe arthurien dans le royaume de France et dans l’oeuvre de Chrétien de Troyes. La matière de Bretagne met en scène un roi breton légendaire, Arthur et ses chevaliers, assemblés autour de la table ronde. L’univers mis en place par cette « matière » se caractérise par la présence importante du merveilleux celtique, d’un « autre monde » peuplé de fées, de géants et d’autres créatures merveilleuses qui rôdent dans de sombres forêts et auprès de fontaines magiques.

 

Le spectacle dure de 45 min à 1 heure de spectacle (interactif) il peut se jouer avec un accompagnement musical direct. Un voyage au moyen-âge à la rencontre des rêves, des légendes, des codes et des valeurs de cette époque. Durant ce voyage esthétique, littéraire et musical grâce à l’adaptation de ce texte littéraire en théâtre d’ombres.

 

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