Les eaux muettes de Palestine
Un projet de création partagé
Les eaux muettes de Palestine est un projet de création mené avec une association de femmes à Beitunia, en Cisjordanie. Le travail se construit à partir d’échanges réguliers, de vidéos, de discussions très concrètes sur le quotidien. On parle de l’eau, de son absence, de sa qualité, de ce qu’il faut organiser pour la stocker, la partager, la rendre utilisable. On parle aussi de ce qui entoure ces situations, de ce qui les rend normales à force d’habitude, et de ce qui ne devrait pas l’être.
Aller chercher les récits
Dans ces échanges, il n’y a pas seulement des constats. Il y a aussi une matière beaucoup plus ancienne, beaucoup plus profonde : des histoires, des contes, des comptines, des récits transmis. Ce projet est l’occasion d’aller les chercher, de les remettre en circulation, de les partager avec les enfants. Ce territoire n’est pas un territoire sans mémoire. Il est traversé de récits, d’images, de figures, de paroles qui continuent de se transmettre.
Les djinn et les figures contemporaines
Parmi ces figures, il y a les djinn. Ceux qui attendent près des puits, qui posent des énigmes, qui empêchent d’accéder directement à ce que l’on croit simple. Dans le spectacle, ils ne disparaissent pas. Ils changent de visage. Ils prennent des formes contemporaines, celles de contraintes bien réelles, d’autorités extérieures, de présences qui limitent, qui filtrent, qui décident. Mais ils restent des figures de récit, des figures avec lesquelles on peut encore dialoguer, contourner, comprendre.
Un spectacle pour les enfants
Le spectacle s’adresse aux enfants. Non pas pour simplifier, mais parce que ce sont eux qui reçoivent ces histoires, qui les transforment et qui les feront circuler à leur tour.
Comme le dit Biessan :
« Les enfants n’ont pas besoin qu’on leur montre la difficulté du quotidien. Ils ont besoin de respirer, de rêver, de penser à autre chose, et surtout de rire. Les marionnettes peuvent faire ça. »
La forme passe par la marionnette, le théâtre d’ombres, des objets simples. Elle ne cherche pas à expliquer une situation, mais à donner à voir des situations, à faire exister des images, des rapports, des tensions.
Une création accompagnée
Le travail est porté par la Compagnie Coppelius, mais il est réellement partagé. Les femmes de l’association participent à la recherche des récits, à l’écriture, à la fabrication des marionnettes, à la mise en jeu. Elles joueront le spectacle sur leur territoire. Mon rôle consiste à accompagner ce processus : recueillir, organiser, proposer des outils, transmettre des techniques, suivre à distance la construction. C’est un travail d’échange constant, qui transforme autant qu’il structure.
Un projet soutenu
Le projet est accompagné par Eau du Bassin Rennais, dans le cadre de son engagement autour de l’eau comme bien commun et de son dispositif de 1% culturel. Cette politique consiste à consacrer une part des investissements liés à l’eau à des actions culturelles et de coopération, en lien direct avec les enjeux de territoire et d’accès à la ressource. À travers ce soutien, il ne s’agit pas seulement de financer un projet artistique, mais de relier concrètement des réalités, des usages, des expériences de l’eau, ici et ailleurs.
Enjeu
Les eaux muettes de Palestine est un projet de transmission. Il part de situations vécues, traverse des récits anciens, et se construit pour être partagé avec les enfants, dans des formes simples, directes, qui laissent place à l’écoute et à la compréhension.
